Les étapes de la découverte de l'aviron.
1) Apprendre à ne plus boire l'eau du canal par les trous
de nez (premiers jours)
1b) Acquiérir des connaissances en patisserie.
2) Faire de l'APP (Aviron Pour Perdre), dans les premières
années.
3) Se motiver et se perfectionner... jusqu'à la vieillesse.
Premiers jours.
découverte des actes élémentaires à programmer
dans son cervolet (non dans le cerveau): ramer sur un siège coulissant
et croiser les mains en ramant, synchroniser bras et jambes sur des bateaux
nommé skiffy, moins rapide évidemment mais très stables:
ils vous pardonnerons toutes vos erreurs de débutant, ils ne sont
pas chavirables, à moins de vous mettre debout dessus et danser
le rock en roll.
Entre une semaine et deux semaines.
Lorsque la technique sur un skiffy est bien maîtrisée,
alors vous pouvez essayer directement le skiff si vous êtes téméraire
et ne craignez pas l'eau du canal, ni la pâtisserie
(qui tombe à l'eau doit cuisiner un gâteau pour le club).
Vous pouvez aussi ramer avec quelqu'un
plus expérimenté sur une embarcation à plusieurs:
une yolette à 4 (bateau stable) ou un double (bateau fin et instable,
mais la personne expérimentée le tiendra pour vous!)
Vous apprendrez alors à tourner vos pelles, fluidifier le mouvement,
acquerriez peu à peu les notions d'équilibre qui vous éviteront
de "plumer" à l'avenir, Ce sera l'occasion de divers exercices d'apprentissage,
importants pour éviter de futurs défauts tenaces.
Entre deux semaines et deux mois.
Ensuite lorsque vous vous sentirez près à sortir en skiff,
vous alternerez vos sorties en solitaires pour prendre de l'assurance avec
celles à plusieurs (en double, en triplette ou en quatre) pour corriger
vos défauts...
En moins de six mois.
Ensuite la technique étant maîtrisée vient le perfectionnement
qui vous fera jouir des vrais joies de la glisse, le bateau avancera toujours
plus vite sans plus d'effort...
Vous pourrez aussi vous mettre à l'APP (Aviron Pour Perdre),
cela consiste à participer aux courses, et prendre conscience de
ce qu'il manque pour arriver avec moins d'une minute de retard par rapport
à l'avant dernier... C'est très motivant.
Après un an.
Et puis peu à peu, la pratique de l'aviron, sport complet transformera
votre corps, en travaillant les muscles, le souffle, l'endurance avec tous
les bénéfices d'un sport complet mais les traumatismes articulaires
en moins... vous aurez sans doute des ampoules aux mains, c'est un détail:
si vos ampoules sont aux doigts vous ramez bien (on tire avec l'intérieur
des doigts), si elles apparaissent sur la paume vous avez encore de la
technique à revoir...
Petit à petit la technique se perfectionne..., peut être
pourrez vous vous lancer dans la compétition... Mais le but premier
de notre club est le plaisir et la passion, plus que la compétition,
contrairement à d'autres qui entretiennent un profond clivage entre
loisirs et compétiteurs.
L'entrainement:
il s'agit d'avoir la forme pour être performant: performant n'est
pas utilse qu'à gagner des courses, c'est le minimum pour pleinement
se faire plaisir, c'est modeler son corps pour être bien dedans.
Hors compétition, 50km/semaine est un but à atteindre, cela ne fait jamais que 4h à 5 d'aviron en moyenne par semaine soit 2h par ci 2h par là (répartis sur deux à 4 jours par semaine).
Pour faire mieux: il faut viser entre 100km/semaine et 200km/semaine,
et ajouter à ces sorties, par ci par là, un peu de muscul,
du footing...
Faire uniquement des kilomètres ne prépare pas vraiment
à des victoires de courses, on reste diesel, les temps seraient
avantageux pour des courses de 30km... pas des courses de 2.
on pratique plusieurs sortes d'entrainement.
- ramer 15-20km à 70-80% d'effort: métabolisme des graisses,
vitesse du bateau 11-12km/h
- la même chose, mais plus intense 85% d'effort: métabolisme
des graisses et utilisation du glycogène: vitesse du bateau 12-13km/h
- faire des courtes séances à 95% de la force maxi: vitesse
du bateau 14-15.5km/h: utilisation du glycogène et préparation
à la transition aérobie, anaérobie
- faire des simulation de compétitions.
- faire encore plus violent mais uniquement des sprints (pour favoriser
les fibres rapides des muscles).
En gros on doit mener lors d'une course les étapes suivantes.
repos 3 jours avant pour accumuler du glycogène, en surveillant
son alimentation (régimes dissociés chez les "pros")
départ: force maximum, sur les fibres rapides du muscle
100-1500m régime juste au maximum aérobie (utilisation
du glycogène)
1500-1800m régime annaérobie: on doit juste doser pour
que les défaillance surviennent immédiatement après
l'arrivée (crampes acide lactique, épuisement).
1800 à 2000m pour accélérer un dernier coup (enlevage),
resolicitation des fibres rapides.
La dernière étape est celle qui est le plus délicate
à préparer, plus on s'est affuté, plus on pourra compter
sur les ressources annaérobie pour commencer son enlevage plutôt
et finir la course sans s'écrouler avant, la puissance pouvant être
le double de celle permise durant un effort aérobie.